Voilà

Voilà !

 

Finalement, je ne pense pas que cela soit une bonne chose de reprendre une vie normale le 11 mai. Trop tôt. Car je devine sans être devin le dessein des dieux dominants : retrouver le monde d’avant. Ce monde où nombre de gens ne croient en rien d’autre que l’argent.  Être riche. Pouvoir faire la nique aux ratés qui font la queue aux Restos du Cœur.  Depuis quelques semaines, chaque soir les applaudissements fusent de partout envers les personnels soignants, ces mêmes personnels qui, avant le Covid, alors qu’ils portaient un gilet jaune, étaient méprisés tant du pouvoir que de gens comme vous et moi, des anonymes. Qu’en sera-t-il d’ici quelque temps, quand à nouveau tous ces soignants descendront dans la rue, trouveront-ils auprès d’eux ces mains qui les ont applaudis ? Des milliards pour les grandes entreprises en difficulté, les actionnaires ventrus obligés de rationner leurs cigares. Les banquiers huilent leurs engrenages à grands renforts de ruses habiles aussi bien pour démontrer qu’ils sont là pour l’économie, que pour taire leur véritable but : faire du fric. Cette époque que nous subissons, si elle est la conséquence logique de siècles à se baffrer de richesses matérielles, a quelque chose de cocasse, de saugrenu, dixit un journaliste à France Inter traitant de naïfs ceux qui entrevoient, grâce à ce virus, la possibilité d’une autre humanité. Combien de tombereaux de cadavres rouleront encore, creusant chaque jour un peu plus les ornières de la déraison ? Combien de migrants se noieront comme celui qui, à Venise, appelait à l’aide et n’a reçu en retour que des moqueries pour finalement succomber quelques secondes plus tard. Et j’entends ici et là des scientifiques clamer haut et fort ce fait non discutable : l’homme est la créature la plus intelligente de l’Univers. Mes pauvres amis : vous ne pouvez pas imaginer combien vous êtes ridicules sur cette planète ecchymose où l’animal dépasse quasiment l’homme, ce dernier réduit à l’état de chair à canon si ce n’est d’esclave obligé de porter des couches au travail, si ce n’est encore un ramassis de vieux ne servant plus qu’à une seule chose : faire engranger de l’argent, encore de l’argent, toujours de l’argent. Tout le monde ou presque (moi le premier) s’accorde pour dire de Donald Trump que ce n’est qu’un malade. Malade du pouvoir et de la finance. Mais quand tous les yeux sont braqués sur lui, dans notre dos, assis sur les bancs des Hautes Ecoles, des milliers de petits Trump reçoivent un même enseignement tant pour être les futurs Grands de ce monde que d’avoir cet orgueil stupide de la « Réussite ».  C’est la méfiance qui a créé l’argent. C’est la déraison qui ordonne vos raisons. Puissent vos yeux voir et admirer un jour une seule seconde de ce nouveau Monde qui arrive et surtout ne pas être aveuglés par Sa lumière car à force de descendre dans le puits, on a beau se retourner, le jour a disparu. Et ce sont vos propres ténèbres qui vous tuent.

 

M.L.

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