Déchirez vos camisoles

Déchirez vos camisoles

 

 

Je dormirai sur place, boufferai des fougères, boirai dans le ruisseau, ferai caca dans le sous-bois, reluqué par les mouches et les corbeaux et j'irai sur la colline à l'heure du Renouveau hurler un grand merci et sortir un petit rot, admiré par les vaches et leurs petits veaux et marcherai jusqu'aux ampoules, une petite sieste au bord de l'eau qui coule avec dans mes rêves satinés des gens plein d'amour, des gens heureux. Puis reprendrai mon pèlerinage sur le chemin de halage avec sur l'onde frémissante un grand bateau tout beau dont les passagers seraient comme des enfants découvrant ce qu'ils n'avaient jamais su regarder avant. Rentrerai enfin chez moi retrouver mes pénates, donner un bisou, recevoir un savon et poserai dans le couloir mon bâton, mon baluchon prêts pour le lendemain rencontrer des sourires et des jolis chemins, et des petits miracles comme des clins d'œil en coin, et de gros espoirs de voir les dominants jeter leurs bavoirs, oublier leur pognon et avec sincérité et force conviction découvrir que tout humain est frère sans omission et enfin sentir la Terre vibrer de Vérité alors que jusque-là ça ne tournait pas rond.  J’irai voir le malheur affamé de sang et lui donnerai l’heure de la fin de l’instant, cette petite parenthèse d’un peu plus de 2000 ans. J’irai m’asseoir en terrasse d’un petit café charmant pour y laisser la trace d’un grand cri d’enfant et même si les pandores viennent m’embarquer, je me collerai au plafond de ma cellule, en bourdonnant comme une mouche, murmurant bzz bzz au géôlier. Je me trimballerai aux abords des asiles pour consoler les débiles et leur dire que leur folie c’est tout simplement la peur d’aimer. Nous nous enfuirons ensemble en nous donnant la main vers ce Monde où rien ne ressemble à cette forge de Vulcain. J’irai pleurer comme un enfant, déversant mes larmes en un torrent en admirant la main qui se tend sur le rivage pour aider le migrant qui aura le visage tout souriant. Je plongerai dans les profondeurs des océans dire simplement merci à ce monde du silence en ajoutant qu’à la surface c’en est fini des maltraitances et les requins de la finance sont empaillés dans les mémoires, c’est la fin de leur histoire, de leurs agissements. Et j’espère vivre ce jour où il n’y aura plus d’infos, il n’y aura que l’amour et même les jours de pluie seront beaux. J’irai dans les écoles effacer les tableaux, et dire à la jeunesse que dès maintenant c’est la Ré-Création, à voir leur liesse je saurai que j’ai raison. Dans le bureau des professeurs, les livres d’histoire serviront de chiffon pour effacer les dates des grimoires qui n’ont fait que des morts par millions. J’irai discrètement jusqu’à ce crépuscule où m’accueillera un horizon de gloire et de semences à profusion, m’asseoir sur une pierre et ouvrir mon âme pour écouter le Son, celui que le Silence sait offrir comme moisson pour m’endormir enfin comme un explorateur repu, ayant presqu’achevé le plus beau des voyages, celui qui, aux portes de l’Eternité, te montre ton Visage, souriant et sublimé.

 

- Et ton réveil, ton réveil dis-moi, comment sera-t-il ?

 

Il sera comme peut l’être celui qui s’éveille à la Certitude, imprégné d’étincelles dans le regard découvrant ce que l’on peut faire en changeant ses habitudes et ses routines pour saisir d’un seul tenant le flambeau de la victoire tout en le laissant sur place pour guider les suivants.

 

M.L.

 

 

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