Ko du chaos

Le KO du Chaos

                Parce que c’est immense, hors de tous concepts, jusqu’aux plus étudiés dans des institutions piégées dans leur propre pouvoir, hors de tous dogmes, régulateurs de soumissions saoulées de devoirs de mémoire et de têtes baissées, que c’est à peine envisageable plus par celles et ceux ayant toujours entretenu la flamme de l’espoir que ces potentats plantureux d’illusions. Parce que c’est immense, comme un chatoiement de couleurs se glissant dans la brume de l’aurore, de la durée d’une étincelle mais puissantes et belles, auréolées de ce silence habillant tout ce que le regard peut contempler et qui entame dans son langage infini une prosodie mystérieuse. Parce que c’est immense, allant bien au-delà de ce que tout esprit peut appréhender, l’          Univers se découvrant une chaine d’amour à arpenter, un chapelet de Mondes liés par le répons du chœur. Rien n’y est labeur. Tout se découvre pas à pas, les accueils de leur multitude comme des corolles à vos hébétudes qui s’ouvrent et dispersent leurs fragrances. Parce que c’est immense cette lente disparition de l’androgyne consommateur connecté, prenant en toute confiance la main de l’enfant le conduisant sur le haut de la colline afin d’offrir à son regard ce qu’aucun jusque-là n’avait pu voir : la beauté du Vivant dans tout son éclat et ses moindres parcelles jouant dans la brise la joie, l’unique joie, celle du partage. Sachez toutefois que si germe en vous à cet instant le mot utopie chassez le de votre esprit. L’ego a connu tant de lourdeurs et de mensonges que la vérité lui paraît suspecte. Embrassez du regard à l’aurore cette nouvelle certitude et osez vous lancer dans l’Un-Connu. Soyez l’élan, soyez le plongeon, soyez le renoncement en ajustant votre nudité afin de ne pas emporter de réminiscences du passé, afin de ne pas croire à ce saut comme à une propitiation rituelle. Il s’agit de votre vouloir seul. En toute co-Naissance de cause. L’Univers n’a pas comme origine un démiurge au regard froid et assistant sans émotion quelconque à des décapitations ou des bûchers stupides. Il a pour origine une Source de lumière et qui pour chacun d’entre nous, déverse depuis lors et jusqu’au horizons les plus éloignés son eau limpide, claire et bienfaisante. On peut très bien la refuser mais ne croyez pas que la place laissée libre échoira à un autre. Le refus n’est qu’une durée. La place à laquelle chacun est convié est au seuil d’une éternité. Pour toutes et tous. Quels qu’ils soient. Parce que c’est immense cet égrégore au sein duquel il n’y a aucun autre rituel que celui d’aimer.  La plupart de nos dominants ne croient qu’à l’âme du canon. Que veut dire le verbe aimer sortant de sa bouche ? Quand ils vont aux funérailles d’un grand, Ghandi, Mandela, et tant d’autres, ils y assistent silencieux, arborant une mine de marbre et une fois la cérémonie terminée, ils s’en retournent à leur petitesse. Quel jeu jouent-ils ? Les langues de bois sont ces tronçonneuses les plus sophistiquées accumulant de la sciure et des crachats sur une Nature dévastée. Mais, mes amis, soyez assurés de cette immensité dont je vous parle, cette splendeur qu’il va vous falloir approcher, envisager lentement, pas à pas comme avec cette assurance des racines déchirant le béton des trottoirs pour respirer, étouffant dans ce monde clos des lois, des ordres et des monuments aux morts. L’arbre à lui seul est un monument au Vivant. Soyez avec lui cette semence que déjà il vous brandit du haut de sa cime se balançant dans le vent et racontant à sa voisine les prémices de l’histoire qui s’annonce : celle de l’Etre nouveau. Parce que ce sera immense. Parce que ce sera beau.

 

M.L.

27 février 2020





 

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