Un cocon

Un cocon.

                Béni soit ce doute germant dans votre esprit, doute sur l’utilité, le nécessaire à propos de votre carapace vous protégeant des murmures entendus ici et ailleurs, murmures sur le possible d’un autre monde, d’un Monde meilleur. Béni, vous l’êtes en le laissant trépaner votre mental afin que la fissure puisse enfin vous permettre d’accepter la lumière. Beaucoup d’entre vous diront : cela fait depuis toujours que nos vies sont des infortunes et des calamités. Qu’est ce qui pourrait changer cela ? C’est ce « toujours » qui vous leurre ! ce « toujours » accentué par les longues souffrances, misères et absurdités, endurées au possible. En regard de ce que votre âme est capable d’appréhender, ce « toujours » n’est qu’une poignée, une toute petite poignée de sable, ramassée à terre, à côté du sablier enfin brisé. Autant votre carapace est plus solide encore que le plus étudié des blindages, autant d’un seul soupçon de rire, elle part en miettes. Et c’est alors que vous apparaît le dérisoire, servant de plateau sur lequel est posée la Coupe du possible. Re-Naissance. Bien sûr, il faudra encore de la patience, beaucoup de patience, afin que celles et ceux qui vous dominent, vous oppriment, acceptent le même traitement salvateur. Le pouvoir de ce monde en devenir est aux mains de stupides potentats et technocrates qui, à peine sur le trône ont la morgue, le dédain affiché sur ce peuple qu’ils veulent mener come on mène un troupeau de moutons. Mais n’ayez crainte, leur carapace même si elle paraît indestructible peut elle aussi se disloquer en un instant. Simplement plus de temps. Cette science qui circule à travers les couloirs secrets des laboratoires et des palais corrompus, est bien pire que le virus actuel qui vous accable. Mais que cette animadversion vis-à-vis de ces gens ne vous crée pas une autre carapace. En un mot, laissez-les s’enfoncer dans leurs ornières sur ces sentiers labourés par des machines et des machinations propres à détruire. Ils se lasseront. Faites le premier pas vous éloignant de votre passé et donnez-vous la main, les uns et les autres qui avez compris où se situe la possibilité d’un meilleur Avenir : dans le partage et l’envie d’aimer. Au sommet de la colline, face au Lever, accueillant le rougeoiement de l’Aube comme un maître, comme un nouvel ami. Sachant que derrière cette lumière matinale, une Autre œuvre en silence pour vous proposer d’aller encore plus haut, encore plus loin.

Imaginez un monceau de terre au sein duquel vivent des milliers de larves, chenilles et qui se nourrissent de ce qu’il y a autour d’elles. Elles vivent bien. Mais, car il y a un mais, toutes sans exception sont amenées à évoluer, à accepter surtout leur transcendance. Sans ce concept de vie, toutes finiront par se dévorer entre elles. Voilà où en est l’humanité. Acceptez de pouvoir être heureux, acceptez ce changement, cette fissure. Entre le doute et le lever du Jour nouveau, il y a cet état de chrysalide. Acceptez-le. Alors, sciemment et en toute co-naissance de Cause, votre zèle vous portera enfin bien au-delà des possibles. Voilà la Liberté.

Michel Labeaume

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