La liberté

La Liberté

Fleur de lumière enfermée dans un obus, sournoisement filigranée dans un discours de politicien obtus, malicieusement transformée par des économistes aux comptes bancaires en surplus, piteusement laissée en arrière par des gens de la rue qui n’y croient plus, intellectuellement pétrie, travaillée par des médias soucieux uniquement de vendre leur papier cul, gaussée outrageusement par des milliardaires en goguette retenant poliment le rot d’un  très bon cru, écrasée dans la rue par des soldats qui tuent, fuyant leur conscience qui leur murmure pourquoi cette femme et son enfant immobiles dans la mort sur un trottoir où le sang fait des rus, glissée dans le sceptre des pouvoirs tenu          fermement face à des peuples vaincus. Où es-tu ? Où es-tu mon ami ? Je suis pourrissant dans les eaux d’un naufrage, ayant laissé en arrière ma bien-aimée. Que vont-ils lui faire ces dictatueurs trop politisés ? Je suis au chevet de mon avenir qui s’étiole comme une pauvre fleur perdue dans un pré. Bientôt la rue. Bientôt la rue. Miroir des pauvretés. Je suis dans les larmes de l’ouvrier qui a franchi une dernière fois le portail du travail, dans sa poche de la mitraille, dans son esprit le plomb du licenciement. Ils ont fait de la vie une bataille. Qui sera vainqueur ? Le puissant ou le misérable ? Je vais te le dire mon enfant, ce sera l’homme qui dès à présent, a ouvert son âme où sont enfouis tant de trésors et s’en servira pour aimer, pour partager, pour enfin sourire et rire, rire à gorge déployée, ayant découvert qu’une source refusant de déverser son eau est un lac de ténèbres et que l’homme s’il veut s’abreuver à elle, doit la laisser couler et dans le néant enfouir le funèbre. Je vais te le murmurer mon ami, te le murmurer à l’aube où les premiers ramages embellissent le silence. A l’heure anonyme où assis dans un café, tu écoutes et regardes la simplicité de la vie quotidienne, simplicité devenue si précieuse et si chère qu’aucun potentat ne peut se la payer. Seuls celles et ceux ayant du cœur peuvent la faire fructifier.

Où es-tu Liberté ? Je suis en toi me souffle-t-elle…je n’ai d’autre œuvre à créer que celle de t’accompagner.

Michel Labeaume

 

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