Les ogres

Les ogres

Les rapaces du pouvoir déploient leur zèle au-dessus de l’abîme de leurs déraisons. Mais leur regard avide ne fait que contempler la supposée récolte. Satisfaits de ces conquêtes, ils ne voient que l’accumulation qui, sournoise, en demandera toujours plus.  L’ogre d’argent, bien nourri, réclame sans cesse sans se préoccuper des consciences – cachots où sont enfermés le bon sens et l’intelligence sensible. Le bousier est à son niveau. L’homme ne l’est pas. Sur les marches de leur palais, les potentats contemplent le jour se lever un peu comme une victoire devenue flamme sacrée. Gare aux mécontents ! Ainsi les opposants deviennent-ils malsains dans ces sociétés tombées au fond du puits et ricanant avec morgue quand on leur parle de la margelle, de la sortie à la lumière.

Savent-ils que dans une goutte d’eau, une seule petite goutte d’eau, on peut y voir toute une poignée d’années-lumière ? car celles-ci ne seront toujours qu’une étincelle échappée de la Source, de l’Inimaginable. Savent-ils que dans la plupart des discours politiques, des harangues de Vocifer, il y plus de stérile que dans tous les déserts réunis, quelques poignées de mauvais sable échappé du temps lourd, orageux, échappé de l’horreur de l’inimaginable ? Savent-ils, savent-ils encore marcher libres alors qu’enchaînés aux écrans des mensonges, ils n’ont effacé mon utopie que par crainte, la laissant croupir au fond de leur mémoire ? Savent-ils qu’ils en ont les moyens, de sortir des ornières pour prendre un autre chemin ?

Ils courent, ils courent sans même définir de but précis si ce n’est satisfaire des actionnaires comme le principal souci.

Du haut de leur perchoir, il est clair que s’y dévoile des âmes occultées par l’ego. L’homme est multiple. Là il n’est que sot.

Peuple Humanité moribond, je t’en conjure, ouvre le cachot qu’est ta conscience et laisse aller à l’air libre le souffle du renouveau. Tu n’imagines pas les possibilités d’avancer, les atouts dans le grand Jeu de la Vie pouvant te transporter vers ton propre royaume, si tant est que ta grandeur est d’abord légèreté et nudité et que donc l’accumulé et l’habit d’apparat sont dès lors à brûler.

Là, tu ne fais que survivre entre des flots impétueux de non-dits et de mensonges, laissant l’homme de la rue dans un rôle qui le ronge, celui d’esclave.

Quels sont donc ces maîtres croyant être à l’apogée de leur perfection tout en écrasant leurs propres enfants, frères et sœurs, pour uniquement être à même de tenir le sceptre sacré d’une main ferme, un poing prêt à tuer pour pérenniser ces aberrations ?

L’homme utopise ce qui lui appartient en propre et les ombres sournoises silhouettent leur festin.

M.L.

 

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