Le grand Changement

Le Grand Changement

J

e  suis au seuil du Moi accompli. Mon hésitation est de très courte durée. A peine une seconde.

J’avance, relativement serein puis, sans prévenir, quelque chose se précise au fond de mon être, comme un bourgeon venant d’éclore. Plus j’avance, plus il s’ouvre et grandit. Je vois comme en filigrane du paysage sublime qui s’étend devant moi, les errements de mon passé, mes chutes, mes colères, mes désespoirs. Ils disparaissent et deviennent cailloux. Sur mon chemin qui en fait n’en est pas un. Il se dessine au fur et à mesure de mon avancée. Les premières larmes montent. Je ne les retiens pas. Elles irriguent mon âme de la joie bourgeonnée. Qu’en sera-t-il une fois la corolle toute déployée ? Brusquement, je suis obligé de m’arrêter. Un abîme. Je ne vois pas le fond. L’horizon loin devant moi est firmaments, galaxies, constellations. Je comprends alors l’offrande qui m’est offerte et je m’élance. J’ose. En quelques poignées de secondes je sais que j’ai parcouru des distances incommensurables. Je ne suis que pensée. Je vois, je ressens la fraîcheur du vol. Des sommets inconnus, des océans de légendes, des Mondes à l’aura de plénitude, tout cela se déployant sous mes ailes est à la fois découverte et Renaissance. Suis-je étoile ? Comète ? Vaisseau de lumière me souffle une constellation. Je continue mon vol, découvrant, admirant, voyageur de l’infini. Je n’ai plus du tout envie de retourner en ce bas Monde où le pouvoir et l’argent sont les chaînes attachées à l’ego de ses dominants. Peu importe le temps que je mettrai pour l’oublier car je sais que cela se fera. Dans l’infini, seules les mémoires akashiques gardent les évènements et les faits des Mondes. Dans l’empyrée, les plus hautes sphères de la Création. Sans jugement.

Pour te libérer de tes chaînes, il Me faut parfois t’en faire sentir le poids. Voilà ce que m’a « murmuré » un jour la Vie. A tout bien réfléchir, le marasme dans lequel l’humanité est engluée n’est-il pas de la même veine. A savoir les pouvoirs pour dominer (surtout ne pas partager ou alors avec les mêmes idées d’œillères), les politiques pour accaparer, conquérir, tout cela pour cette pseudo-richesse qu’apporte l’argent. Cette époque me semble être un condensé de tout ce que nous avons vécu pendant des siècles, exacerbé à un tel niveau que cela entraîne des questions (sans réponses ?), des interrogations (pouvons-nous continuer à vivre de cette façon ?). Si la majorité d’entre nous pense que l’homme est là sur Terre par hasard et qu’il n’a pas choisi de naître, on peut continuer jusqu’à la 3ème voire 4ème guerre mondiale. Avec dans cent ans des gilets jaunes à chaque carrefour. Non, non et non. Je veux pour les enfants de mes enfants une Terre bleue, non une Terre d’hématomes. Pour cela, chacun de nous doit se remettre en question, faire fi de tout ce qu’il a appris et commencer un nouvel itinéraire. La découverte sera sublime, découverte du Moi et de ses possibilités. C’est Mandela qui a dit « On nous a appris la haine. Pourquoi ne pas apprendre à aimer. » D’autant que l’enseignant est en soi et tout autour de nous.

Le cygne disparaît dans la brume. Celle-ci est un long ruban déployé entre le sol humide et froid, les herbes décorées de givre et de toiles d’araignées et le ciel, rouge orangé, bleu pâle également avec quelque part dans un des firmaments le maître d’œuvre venant de tirer les rideaux. La pièce va commencer. Il est préférable que ce soient vos yeux qui applaudissent car vos mains sont unies. Les mots ici sont des maux et le Silence est le scribe. Chacun de vous a le droit de se sentir pharaon. Ceux qui étaient courbés sous le joug des puissants, esclaves soumis, sont maintenant devant, et sourient. Qu’il se sentent princes ou rois, c’est plus qu’un cadeau. C’est une graine depuis des lustres en eux enfouie et qui germe à présent. Notez que cela, tout cela est proposé. Non ordonné. Non promulgué par des commandements idiots. Le choix de la Voie appartiendra toujours à celui qui l’emprunte. Le bonheur ou la douleur. Chacun voit. L’abandon dans cet océan d’émois ou le refus. Et ses conséquences. Mais qui que vous soyez, sachez que l’Aube citée vous attend, et sera toujours déployée à vos regards et vos âmes endolories. Vous n’avez plus le temps pour cela. Vous avez beaucoup plus. Il n’y a jamais eu d’horloge dans le grenier des Créations. Tout, absolument tout ce qui vous entoure et vous compris, est Mouvement. Faites un geste. Faites ce geste. Et vous serez comblés.

Michel Labeaume

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