Des milliards de tonnes

Des milliards de tonnes

                Chateaubriand (sur Napoléon) : Il a fait périr dans les onze années de son règne plus de cinq millions de Français, ce qui surpasse le nombre de ceux que nos guerres civiles ont enlevés pendant trois siècles. » C'est l'estimation la plus haute du bilan humain des guerres napoléoniennes.

Il y a quelques années, alors que j’étais encore en service, un sous-officier des Troupes de Marine m’interpelle bruyamment en pointant un index sur sa poitrine : « Nous, on travaille dans le réel ! ». J’ai été si interloqué que je n’ai pas su quoi répondre. Et en prenant à présent du recul (et de la hauteur), je m’aperçois que pour tous les grands dirigeants (la plupart), la réalité conçue par leurs actes (conquêtes, guerres, etc.) ne relevait que de son poids. Uniquement. L’homme « poisson » (nous sommes aux prémices de l’ère du Verseau) n’a finalement fonctionné qu’avec le poids de ses actes qu’il a toujours brandis comme seule réalité. Alors qu’il n’en soulevait que le poids. La Mongolie avant Gengis Khan était une région magnifique, qui n’a existé finalement que par le massacre de la moitié de sa population par Gengis Khan afin que le reste lui sois obéissant et surtout soumis.  Du Moyen-âge à nos jours toute l’Histoire n’est qu’une affaire de poids. Même les religions s’y sont mises avec les missionnariats, évangélisations des « païens », des sauvages, tout cela pour grossir leurs rangs et avoir plus de poids. Le poids est La Réalité.  Un quintal d’excréments d’éléphant est plus réel qu’une chiure de mouche. Et pourtant ! Et pourtant aux pieds du séquoia le brin d’herbe existe au même titre que l’arbre par le simple fait qu’ils émanent l’un et l’autre de la Création. La scie ravageuse qui en quelques minutes va mettre fin à la vie du grand vénérable n’est pas plus réelle, mais plus lourde. Tout simplement. Et la révolution industrielle est arrivée est a complètement bouleversé l’agriculture, l’économie, l’artisanat, l’environnement. Elle est arrivée progressivement ou pas (les avis divergent) avec tout le poids de sa puissance et de la richesse entrevue par ses acteurs avides de conquérir les marchés. Au détriment du bon sens, du besoin réel ! C’est l’envie qui a guidé ces industriels, uniquement l’envie. Elle a massacré tant des paysages, des populations entières uniquement pour ériger la puissance de son poids. Il y a peu, l’oncle Sam voulait acheter le Groenland. Pour avoir plus de poids sur l’économie mondiale, cette créature monstrueuse, moitié chauve-souris, moitié pangolin et inoculant le virus de la richesse et la puissance matérielles à trop de jeunes louveteaux qui, à l’ENA ou HEC rêvent de dominer, de peser de tout leur poids sur les peuples asservis, résignés. Si votre réalité n’est faite que de poids pourquoi vous penchez-vous sur le berceau ? Pour espérer le voir devenir un trader impudent, éhonté ou un actionnaire bedonnant coupant le bout de son cigare en un rire tonitruant en ayant eu connaissance des montées de ses actions ? Bref, un être de poids ! Et s’il lui prenait l’envie d’être troubadour en parcourant les rues et les marchés chantant la lourdeur de ces dominants ou jardinier, ou fleuriste, nul doute qu’il serait désigné par ces poids lourds comme un vulgaire raté. Cette ère du « Poisson » j’ose affirmer qu’elle touche à sa fin même si encore trop de pêcheurs y croient encore brandissant au bout de leur harpon un morceau de viande de requin baleine, symbole par excellence de l’homme moderne. Quand une fleur de pissenlit s’en va éparpillée par la brise, elle est magie. Quand le char d’assaut écrase la fleur, il est poids. Rien d’autre.  Donc illusion. Pleine illusion faisant dire aux médias qu’Elon Musk, l’homme le plus riche ici-bas, est sur le toit du Monde. Je pense sincèrement qu’il n’est que sur un gros paquet de fric, brandissant le sceptre de sa « réalité » à des somnambules, des corvidés Iznogoudiens ne rêvant que de lui succéder.  Si le machisme de cet homme fait flamber les Bourses, peut-être devrait-il créer les slips Téfal (qui ne collent pas aux poils).

Michel Labeaume

12.02.21

 

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