Podium

Podium

Entre Koh Lanta, Ninja Warrior, le meilleur pâtissier, le meilleur cuisinier, le plus beau village, le plus  beau monument , la course aux bénéfices, les lavages de cerveau de nos jeunes étudiants pour qu’ils puissent bûcher,  bûcher,  bûcher  pour atteindre le Pouvoir (sinon les jeunes vous balaierez les trottoirs), la course aux armements, les compétitions sportives vues comme des grands miroirs illusoires pour endormir les gens et même et surtout les récalcitrants qui enlèvent leur gilet jaune pour acclamer le coureur dans le 3ème couloir, pendant ce temps les milliardaires coincés dans leur camisole de fric font la loi derrière les paravents en écoutant les gouvernants répéter à un auditoire les préceptes-devoirs qu’ils ont reçus de ces nababs tenant dans leurs mains le sacro-saint grimoire pour dominer, asservir, s’enrichir et éclater des rires jubilatoires face à des serveurs muets versant le champagne à ces bedonnants souriant d’aisance dans les couloirs à des presque-mamies maquillées à la truelle et au racloir tout cela vu comme un Monde-suppositoire poussé à courir,  courir  même si certains disent que la compétition est un véritable système d’organisation des rapports sociaux, je réponds derechef ça suffit ! halte au feu ! halte aux suppos ! et murmure, oui murmure en faisant doucement un pas en avant, m’assurant avec ma canne pour éviter d’embrasser le macadam, murmure à l’enfant qui passe ou que je croise, tenant par la main sa maman (qui va chez le docteur car elle n’en peut plus, elle vit à cent à l’heure, quel bonheur madame vous êtes une combattante lui répond l’omnipraticien qui va lui prescrire un booster afin  qu’elle puisse continuer sans craquer sa vie de labeurs) : mon petit ami, quand tu seras plus grand , choisis un endroit pour attendre le lever du jour. Tu t’assiéras. Tu te tairas. Tu t’oublieras. Tu contempleras. Et quand tu seras encore plus grand tu refuseras. Carrément. De te défoncer la gueule dans le haut mur des illusions érigé par des patrons. Tu leurs murmureras que partout dans la Nature, il faut sublimer l’allure avec laquelle elle se renouvelle et s’embellit. Et que l’on peut très bien exister sans crampons aux pieds et dossard sur le costard pour comprendre encore plus tard que la vie c’est plus marcher en étant léger et heureux qu’alourdi comme des gueux pour servir ces messieurs, maçons de l’utopie. 

M.L.

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