Odeur

L’odeur brûle, le parfum encense.

 

 

                Toi aussi tu as des pensées secrètes, non dites, presque inavouables car tous vivez dans un Monde de brutes à l’odeur de cadavre. Ces pensées-rêves sont toutes tournées vers l’Inconnu, l’autre réalité, cette joie éclatante au possible comme l’est la corolle venant juste de s’ouvrir. Ces pensées-rêves sont gardées en réserve, la peur empêchant de les exposer à la lumière. Elles sont patientes. Elles attendent. Ne crois surtout pas qu’un jour elles se faneront, trop longtemps délaissées. Il leur suffit d’un simple sourire de ta part pour les abreuver. Elles seront toujours fidèles, attentives. Même dans l’esprit encombré du plus obtus des dominants, elles ont leur place, même s’il les chasse, la peur, toujours la peur. Laisse les media parcourir les conflits, les bassesses de tous ordres. Aveugles et sourds à cette Attirance, ils se goinfrent jusqu’à la satiété. Toi, retourne à ton Origine : la luminescence de ton âme retrouvant l’union, quand tu t’ébahis devant l’oiseau nourrissant ses petits, la frivole biche à l’aurore sautant dans les blés, l’arbre de vie te présentant, nu et nimbé de lumière, sa majesté. Laisse les terreurs semées s’évanouir dans leur Néant, passe ton chemin, il est si beau, il est si grand. C’est pour les autres qu’il est médicament. Pour toi, il est ivresse, hors du temps. Laisse l’écume des jours polluer les plages où viennent mourir des vagues et du vent. Est-ce vraiment une fuite que de refuser de commenter les noirceurs pour encenser l’éclatant ? Ils dorment debout, somnambules, déversant des milliers de gens à l’agonie, affamés d’espoir et de vivant. Tu sais très bien qu’ils sont tes frères, qu’ils sont tes sœurs, tes enfants. Va te ressourcer au bord de l’étang, au bord de la brume, au bord du soleil levant. C’est là que se situe une grande part de ton éveil, ton regard sur l’eau rayée, dans cette vibrante osmose en ton cœur s’écoulant. Précieux instant. Sais-tu qu’il est bien une étincelle d’éternité ? Et qu’en les multipliant, tu deviens soleil, tu deviens étoile, tu n’as plus de nuit, car ta joie dans ton firmament éclaire jusqu’au bout, tout au bout des univers, toutes celles et tous ceux qui peuvent en faire autant. Là est le message. Là est le maintenant. Beaucoup diront : Nous ne sommes pas encore prêts ! C’est à l’instant même où l’on tombe les armes que les mains s’ouvrent alors pour commencer l’ouvrage, la première pierre étant au cœur du Vivant.  

 

M.L. 30/06/2018

 

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