Gemme

Gemme

 

Je sais t’offrir un diamant. J’ai appris, grâce à des années et des années de recherches, à percevoir au loin le lieu de son écrin. Je me suis approché, doucement, parfois en courant (ce qui m’a coûté de bonnes chutes) et j’ai acquis, toujours en approchant ce non-but, de la force, de la conviction, de la certitude. Quand j’ai pu le saisir de mes mains tremblantes, je me suis rendu compte alors que c’est lui qui m’avait piégé. Mon cheminement a ouvert mon âme au fur et à mesure de mon approche. Quand l’objet de ma quête s’est fondu en moi, j’ai regardé les choses, j’ai regardé les gens, les montagnes, les rivières, les forêts, les prés et les collines et j’ai murmuré : Quel cadeau ! Mon regard a changé. J’ai redécouvert le Monde et je ne regarde plus en arrière si ce n’est avec des sourires et beaucoup de joies. Ce diamant qu’est-il ? Le Graal ? Non. Il est un enfant à l’état d’embryon dans nombre de gens, un enfant endormi et qui n’attend qu’une chose, le geste de son Eveil. Il est une larme d’extase insensée vécue au hasard de nos cheminements. Il est l’accomplissement en même temps que le bâton du pèlerin qui n’a encore rien foulé. Il est la nuit du sommeil juste et l’aurore des mille et mille gestes à semer. Il est la cascade de lumière dévalant les montagnes aussi bien que la goutte d’arc-en-ciel ayant choisi les ténèbres pour s’éparpiller. Il est le Silence clamé du haut des dunes face aux cris de souffrances des mégalopoles. Sachez le percevoir. Ecoutez-le murmurer. Rien n’est plus beau que l’être nu habillé de sa totale identité. Le diamant en lui agit comme un aimant qui le pousse à continuer. Qui lui pose une main dans le dos en lui signifiant simplement : Va ! L’enfant est pur. Le diamant aussi. De porter les deux sans le poids, de sentir leur valeur sans pouvoir ni même vouloir la calculer, exhorte dans le frémissement de la Paix à ne plus jamais s’arrêter. Ou seulement pour méditer et admirer. L’univers, ou plutôt l’Uni-Vers comporte des millions de mondes habités, des milliards de religions, mais une seule destinée : La Joie. Aussi, cesser de tolérer car accepter dans sa totalité l’être différent et les religions basculeront dans le Néant. 1 + 1 = 1 car ils ont le même but. Peut-être pas le même chemin, mais le même but : Continuer. Sans relâche. Les dogmes et les morales seront dépassés comme l’on dépasse un village en ruines. Les habits d’apparat iront aux greniers. Beaucoup toutefois seront accrochés à leur refus, enfermés derrière leurs murs. L’étincelle, au fond de leur âme, restera pourtant toujours vivante jusqu’à l’instant de la délivrance où là, elle se fera diamant. Et les chaînes des karmas se briseront. L’évidence, ultime état de la Vérité, brillera comme jamais et la lourdeur des hommes du passé finalement aura eu sa couronne : Celle de s’être dépassée. C’est quand l’homme marche dans la boue qu’il fait attention à ses pas. Remercier la boue.  Quand l’enfant cueille une fleur de pissenlit et la souffle, il pulse la vie. Sois cet enfant. Il est tout, il est diamant. Je ne dis pas qu’il faille se complaire dans cet état stupide de Bisounours. Je dis simplement que marcher avec la lumière de l’Amour est la Clé, unique, pour sortir de ce marasme dans lequel nous sommes englués. Je sais t’offrir un diamant. Acceptes-tu d’en être l’écrin ? Alors écoute l’Enfant. Et à deux mains.

 

M.L.

 

Pensées

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