Un biberon

Un biberon

 

                Le silence est d’or disent-ils. Mais ce n’est pas juste. Le Silence dort, oui, là c’est vrai. Ce Silence il faut le réveiller, il faut lui permettre d’enfin murmurer à l’oreille de ceux qui sont en sommeil. Murmurer des paroles, avec des mots choisis, comme on cueille quelques fleurs dans la prairie. Pour réveiller ce Silence, peut-être un air de mandoline, ou un opéra de Constance Demby (là le Silence peut devenir torrent), n’ayez pas peur les amis. Et si le Monde est en sommeil, c’est à cause de trop de non-dits. Les gens se bouchent les oreilles ; ils se replient. On ne se rend pas assez compte de la facilité quasi innée avec laquelle chacun rentre dans sa coquille, au fond, tout au fond de l’amer des maux et des cris. Mais la Vie ce n’est pas se replier dans son enveloppe, dans sa carapace de refus. Ce que l’Uni-Vers nous propose quand on l’observe en Silence, c’est d’aller au-delà des étoiles, d’avoir le cœur en lumière, le cœur en galaxie. Vous en faites un trou noir ! Et vos déboires en éruption à l’envi…Il n’y a pas que l’argent qui vous ronge votre vie. Il y a le refus, il y a le déni. Ce refus de se regarder dans le miroir et y voir autre chose qu’un foutoir de non-sens, un masque si léger que l’enlever vous semble interdit. La Vie n’est pas un hasard d’atomes ayant fusionné au loin, tout au loin, à des années-lumière de l’homme debout. La Vie est une offre, émanant du grand Silence, ayant offert, en murmurant son oui, l’abondance de co-naissances en étant ensemble pour parcourir les mille chemins de l’Infini. Alors, mes amis, laissez-vous réveiller par ce Silence, et ce qu’il va vous murmurer en premier lieu c’est le poids de votre masque qui vous semblait léger. Apprêtez-vous à danser, sur la piste aux étoiles, la joie comme nourriture et le firmament comme abri. Carnaval est fini. Il est temps d’être nu ! Auréolé de lumière, de sourire et de réussi. Le Silence est un enfant voulant jouer avec vous et le grand oui. Le Silence est un adolescent qui brûle du feu de joie d’aller plus loin que l’horizon, découvrir, découvrir et s’offrir la célébration. Le Silence est un adulte qui garde dans son baluchon quelques graines de vie pour réveiller celles et ceux qui seraient encore dans le repli. Le Silence est un vieillard, au visage aux cent mille rides, sillons de semences, sillons de oui et dans ses yeux délavés admirant la foule en marche vers ses horizons, cent mille mercis, comme cent mille étincelles pour une future et bien belle galaxie. Le Silence dort. S’il vous plaît, réveillez le petit.

 

M.L. 20/12/18

 

 

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