Rentrée

Ca sent la rentrée : les feuilles mortes, le vent, la pluie, les cartables remplis d'angoisses et d'ennuis, les batailles de chiffonniers à l'Assemblée, leurs mensonges et leurs non-dits, la petite mamy courbée vers la terre et tirant son caddie,  le changement d'heure mais pas de heurts ni de sang ni de cris, des attentats sanglants pour quoi pour qui ? La mésange bectant la graine sans me demander mon avis, et l'enfant au fond de la pièce les yeux larmés de terreur,  la poussière sur son visage ajoutant à l'indicible et à l'anthropophagie, les restaurants 5 étoiles remplis de culs-bénis bavant leurs salmigondis, David Pujadas léchant l'arrière train des puissants et de bien d'autres abrutis, les mougeons rassemblés en une foule hurlant "oui au changement" et votant toujours pour les mêmes et à quand l'asphyxie ? Et les petits vieux et les petites vieilles qui, pliés en deux au fond de l'ennui, dans une pièce aseptisée où la télé déroule Amour gloire et beauté, se laissent aller doucement vers un Néant et  fuyant la gériatrie. Maman il y a quelques jours à peine tu es partie, perdre une mère c'est mourir quelque part ou peut-être s'obliger à avancer vers la Vie, les gouttes de terre tombent sur les cris, les bombes creusent les tombes et les grands de l'ONU posent leur cul sur le cuir bien ciré, ouvrant en vain leurs dossiers : la paix ce n'est que du papier et la guerre quelque part un bon facteur  de bonne économie. Je ne pleure plus ami, je ne colère plus ami. J'avance avec mon rêve dans le creux de mes mains et à chaque soif rencontrée j'en offre un peu, rien ne désaltère mieux que l'Amour de la Vie. 

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Commentaires (1)

1. aubeline 06/09/2015

Merci.

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