Magiciel

Dans l’œil de la colombe.

 

Entamer quelques pas de danse sous un firmament de couronnes que le vent fait chanter. Sentir la présence de milliers de sourires et d’invitation à continuer. Les feuilles d’automne s’abandonnent en brisures de rêves désenchantés ou peut-être en promesses de fleurs données par des papillons sacrifiés. Sous tes pas, promeneur, l’humus ne cesse de murmurer ce que désire ton cœur. Trop pris par ton ego, trop pris par ton labeur, tu as beau faire la sourde oreille, il continue pourtant à te chuchoter : liberté ! liberté ! Mais que dire de ce mot tant de fois mal écrit avec tous ces morts et tous ces maux, et combien de manuscrits mal lus parlant d’amour en même temps que de sang versé l’ont-ils érigé en utopie. Plus le temps passe, plus il s’éloigne ou semble s’éloigner de sa Vérité.  Tu te crois seul fruit d’un hasard issu de nulle part et tu te conduis ainsi comme un vagabond errant dans un univers dont tu refuses de croire à la magie, à la beauté, à son amour, à sa lumière, à son éternité. Là, dans la forêt des hommes, même le bûcheron sévère, car trop aux stères refuse de croire aux pleurs de l’arbre tombé. La scie est son malheur, pour l’homme elle est réalité. La liberté, promeneur, c’est avec ton esprit libéré de toutes scories qu’elle va montrer le bout de son nez. Puis, humant dans l’air ambiant quelque chose de nouveau, ton ego fera silence et ton cœur parlera plus haut. Alors d’un sourire, même d’un petit rire car sûrement retenu, tu te découvriras comme la plante surgit de l’humus et avec joie et félicité fera tout pour rejoindre les cimes et les couronnes que le vent fait chanter. La liberté n’a jamais été et ne sera jamais un camp de réfugiés. Elle est ce voyageur qui sent dans son être la joie d’être Vivant et parcourt mille sentiers, dix mille montagnes, avec la flamme de l’Uni-Vers dans son regard offert à la Beauté.

Le magicien sort un oiseau de son chapeau. Les gens applaudissent sauf un qui crie : Facile ! Y a un truc ! Alors le magicien, d’un coup de baguette,  lui cloue le bec et le rentre dans son chapeau. L’homme au fond du chapeau se demande ce qui lui arrive. Il est dans le noir. Il ne voit rien. Il commence à avoir peur quand une colombe glisse sa blancheur des ténèbres jusqu’au monsieur qui sourit bêtement. Il regarde l’oiseau. Dans son œil, un mot, un seul, gravé comme sur un diamant. L’œil de l’oiseau est diamant. L’oiseau sort du chapeau. On entend des applaudissements. On entend des bravo ! Soudain, du fond des ténèbres surgissent des corbeaux. Les oiseaux noirs se mettent à crailler. Des mots durs. De mauvais augure, des maux réalité. L’homme hésite. Puis sort du chapeau. On entend des applaudissements. On entend des bravo ! Au fond du chapeau, au fond des ténèbres, la bande de corbeaux continue son oraison funèbre mais s’adresse à un Néant car du haut de son aire, l’oiseau Phoenix regarde l’Homme nouveau et lui adresse un mot, un seul : Chapeau. Encore plus haut, dans le firmament des firmaments, on entend des applaudissements. On entend des bravo.

 

16 oct 2019

 

M.L.

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