Des vieux

Des vieux

 

Ils s’appellent Mugabe, Nguema, Shimon Peres, Napolitano, Abdallah, Bouteflika et, dans un autre registre de pouvoir, Sep Blatter pour le foot, éjecté à 80 ans, Philippe Bouvard, éjecté des Grosses Têtes à 85 ans et qui a la rage d’avoir été évincé, Drucker pour la télé (77 ans, quand il se lèvera de son divan ce sera pour s’allonger sur celui du psy) et j’en oublie ; eh bien ces gens de pouvoirs ont en commun de souffrir du syndrome d’Houdini (je viens de l’inventer). Ils s’accrochent à leur place car étant plus proches de la fin, ils constatent enfin qu’ils ne savent rien faire d’autre. Toute leur existence a été bâtie pour le pouvoir, le renom, la célébrité, l’argent. Ce n’est pas forcément sous forme de reproche que je l’écris, c’est autant un simple constat qu’une crainte de voir tous ceux qui derrière, suivent et envient, et risquent fort d’être contagiés par le même mal. Arrivé à un âge de sagesse, il faut savoir poser sa valise, son être total devant un bel horizon et regarder son passé en souriant (là cela risque d’être compliqué pour les susnommés et c’est ce qui, entre autres, les pousse peut-être à rester jusqu’au bout, ayant crainte du moment fatidique où le miroir va s’afficher devant leurs regards hébétés et perdus. A vivre d’illusions, on prend des éclats d’inutile en pleine figure. Un vieux paysan va s’asseoir au bord de la rivière et est rejoint par son épouse qui, après s’être essuyée les mains sur son tablier, lui passe un bras autour du cou et lui murmure : 80 ans de labeur mais 80 ans d’amour de la Terre. Voilà ce que j’appelle murmure d’un Echo et le baiser qu’elle pose sur la joue perlée d’une larme et vraie de sillons ponctue ô combien cette Ode à la Vie. Bien des grands de ce monde statufiés dans un bronze lourd et figé n’ont de grandeur récoltée que celle de leurs utopies brandies à coups de philippiques et de masses somnambules armées pour le sang. Homme simple, quand tu seras au crépuscule de ton existence, souris aux tiens en leur offrant une énième fois la lumière de tes yeux. Tu n’imagines pas à quel point sera belle celle qui t’attend au-delà de ta chrysalide. Ils ne comprennent pas la vie. Ils en font une mort. Ils ne comprennent pas la mort, ils en font un néant.

 

M.L.

 
 

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