Au bar du coin

Au bar du coin

 

                L’idole Finance, devant laquelle les traders sont debout, les peuples à genoux, a quelque chose de vaudou sacrifiant le vivant pour un dieu qui n’est que du vent. Ô homme aveugle, tu as autour de toi serviteurs, chauffeurs, et des milliers de labeurs qui font de ton ego le roi des rois, sais-tu que tu ne brasses que des utopies et que dire de celles et ceux qui t’adorent et te suivent et sont si boulimiques qu’ils seraient prêts à tout piétiner pour ne serait-ce que frôler ton regard dardant le royaume à tes pieds. J’irai au fond des bas-fonds, là où la misère coule dans les caniveaux. J’irai voir ces peuplades, l’âme pleine de vie, auréolée de sourires, d’éclats de joie et de respect pour Gaïa. J’irai encore plus loin, ou peut-être plus prêt là où l’ouvrier rêve de l’odeur du pain frais, là où des mains se tendent et plus de poings fermés. C’est Noël, les sapins ont les boules et se font enguirlander. Ils ne sont hélas pas les seuls, arrachés de leurs rêves d’autres firmaments, laissant en arrière, bien loin derrière des joies possibles, mais notons le bien : jamais fermées. Alors quand l’heure aura sonné, sur l’horloge éternité ayant fait tomber ses aiguilles, j’irai me glisser dans vos têtes remplies de maux et surtout dans les profondeurs du non-dit, là où toute guerre s’y prépare, où éclot tout conflit, sous des prétextes absolument idiots. La Terre est plus en danger avec vos climats de sournois et d’envies, de pouvoirs, de force et de harangues gorgées de cris. Vous creusez des abîmes pour vous faire de l’argent et récoltez des fonds pour combler ces abîmes. Quel nom a ce diplôme faisant de vous des potentats de l’absurde ? Viens mon enfant, viens mon ami, je vais vous emmener loin d’ici, ou peut-être tout prêt, et vous montrer quelques instants de Vérité, comme ce couple de grèbes huppés paradant sur le miroir devant un levant brumeux traversé par de l’or, comme ce faon faisant le fou, mais jamais bien loin de sa mère, comme ce berger au fin fond de l’Afrique, gardant quelques chèvres avec toujours son sourire aux lèvres et un regard si lumineux qu’il dévoile son âme auréolée jusque dans l’obscurité des nuits profondes, comme ces enfants qui jouent avec pas grand-chose, cette coccinelle qui s’est posée sur la rose, où le mot compétition est banni, de même que votre croissance, défaite d’avance tel un vieux  tricot pourri. J’irai au bar du coin boire un canon et sortirai fier et ivre d’aimer, tout en rotant bruyamment afin d’interpeller tous ces gens qui ont la tête baissée depuis trop longtemps. Venez les amis, venez les enfants, faisons du bruit en riant aux éclats afin de remplacer ceux des bombes et qu’il n’y ait plus de tombes de pauvres innocents, abattus par des pouvoirs malfaisants.  Semons le rire, il a tant besoin d’émouvoir des yeux clos et pouvoir émerger le miracle du grand, le miracle du beau.

 

M.L.

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