Morinière

Morinière

 

                               C’est aux aurores qu’il faut aller afin de percevoir avec sincérité la beauté de la Vie. Là, mi-septembre, les premières fragrances automnales font leur apparition, surgissant d’un buisson, du ruisseau qui court à l’orée du bois, des hauteurs des collines parsemées de toiles d’araignées, comme des morceaux de robes de fées qui se seraient enfuies, surprises par un promeneur matinal.  Une brise s’immisce çà et là dans les feuillages, embrassés de brume et de couleurs naissantes, tout comme l’horizon, inlassable privilégié au seuil des autres Mondes. L’Aurore est un message du Vivant délivré gracieusement, proposant aux êtres d’éclore leurs envies de découvertes et d’être Porte-parole en ayant dans le regard la lumière de son Silence.  L’Aurore pousse notre âme avec une envie folle de la sentir flamme dans sa présence. Même les premiers chants des oiseaux participent au tout de cette immanence. Ces petites heures magiques on une fin mais l’on sait que la renaissance est pour d’autres lendemains. Mais l’on doit savoir les garder en soi, comme on range un bijou dans son écrin. Rien d’autre que ce positif, ce constructif est à même de grandir celui qui le nourrit d’aimer. Bien sûr, le quotidien lourd et l’actualité qui ne l’est pas moins, ébranlent la Certitude mais à en faire le ciment pour la consolider donnent un tout autre savoir pour enrichir notre propre Co-Naissance. L’automne est un Arlequin facétieux offrant la beauté de son habit de couleurs afin qu’on le choie, sa nourriture principale étant notre ébahissement devant tant de beauté. La simple feuille qui tombe de son vénérable père n’est nullement signe de mort mais bien plutôt d’une horloge altière faisant montre de son éternité.

 

M.L.

Aurore vallée de la Morinière (53)

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