Enfermement

Quand il se retourne vers son passé, il constate que l’histoire n’est qu’une infinie éphéméride de négations, guerres, politiques, coups bas et j’en passe. Alors il s’est revêtu d’une carapace. Il s’est replié sur lui-même et continue de plus belle. Il en veut aux religions (souvent à juste titre) car pour lui elles ne reflètent qu’utopies quand elles ne sont pas des politiques cachées avides de pouvoir. Alors il vérifie bien que  son armure le protège correctement.  Cette armure est psychique bien-entendu mais elle est quand même puissante. Il constate en ce début de XXIème siècle, que cela ne s’arrange pas. Les états sont gouvernés en coulisse par la finance et les marionnettes discourent dans le vide. Alors il veut retrouver un tant soit peu de dignité  et celle-ci passe par sa nationalité. Basta les étrangers. Il n’a plus  que cela où s’accrocher et il pense sincèrement qu’une fois sa nationalité retrouvée et telle qu’il la conçoit, telle que la définisse certains partis, tout ira mieux (dans le pire des mondes). Chacun à sa place et les vaches seront bien gardées. Il ne fait que tourner en rond dans son petit monde restreint gardé par son armure psychique…Tout ce qui a trait à l’ouverture, à l’échange avec l’autre, à la notion de prochain, compassion, altruisme, abnégation, tout cela est bon pour les veaux. En fait, il est comme un lampadaire  qui refuse de s’allumer et le refus fait perdre, oublier même la place de l’interrupteur. La dureté de la  vie. Le monde ne tourne pas rond. C’est normal, c’est comme ça. La tête baissée, il va au boulot l’air renfrogné. Pourquoi cet état d’introverti ? Le refus d’une autre possibilité, facile à saisir, mais paraissant tellement loin dans son irréalisme. Alors il se renferme sur lui-même, malgré cette   lueur de solution. Mais il crache dessus. Bras d’honneur. Mais la lueur continue à briller. C’est écrit dans le livre  de l’âme. Pour l’éternité.  Il n’a jamais connu que des barbelés, alors comment voulez-vous lui faire admettre qu’il a en lui une pince pour les découper ? Non. Des barbelés, rien que des barbelés, et puisqu’on y est, ajoutons-y des miradors. Voilà, il se sent à présent rassuré avec une certaine notion d’orgueil. La lueur est très loin au fond de son être. Mais cela ne l’empêche pas de continuer à briller. Pour l’éternité. 

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